Au début des années cinquante, le Royal Motor Union de Liège était une fédération automobile très puissante et, d'un point de vue sportif, à la pointe de l'organisation des rallyes puisqu'il était notamment aux commandes du Liège-Rome-Liège et du Tour de Belgique.
Des sections locales existaient, dont celle de Huy. Et c'est cette même section qui allait donner naissance aux incontournables "Douze heures de Huy" dès 1954.
Les "10 heures Condroz-Hebaye"Seuls quelques passionnés se souviennent qu'en 1953 déjà, un premier rallye appelé les "10 heures Condroz-Hesbaye" (du nom des 2 régions géographiques qui ceinturent la ville mosane) a existé. C'était en quelque sorte un coup d'essai pour ses organisateurs qui, à en croire le journal "Les Sports", s'était révélé un coup de maître.
La grande particularité, c'est que ce rallye de régularité (déjà !) se courrait seul à bord.
Les concurrents devaient parcourir un itinéraire composé de 4 boucles, soit quelques 500 km, en respectant la moyenne de 50 km/h. Le parcours était émaillé de contrôles de passages, le plus souvent organisés dans les bistrots locaux. Mais seuls les retards étaient pénalisants, ce qui explique qu'au terme de cette première organisation de la section de Huy, sur les 63 pilotes au départ, 49 n'avait pas été pénalisés !
1954 : naissance des "Douze heures de Huy"
Fort de ce constat, les organisateurs décidèrent l'année suivante de poursuivre l'aventure mais sous le nom des "Douze heures de Huy". L'épreuve allait compter pour le "1e Critérium de Belgique, Sport et Tourisme", encadré par le RACB, qui allait devenir le Championnat de Belgique 1956.
Pour pouvoir départager plus facilement les pilotes, les organisateurs décidèrent de corser le rallye :
- le rallye débutait le 4 avril à minuit pour se terminer à midi ;
- Il y avait toujours 4 boucles de 154 km, soit plus de 600 km de course ! ;
- La moyenne horaire était portée à 55 km/h jusqu’à 7 heures le matin, puis à 50 km/h jusque l'arrivée;
- Une étape spéciale sur routes fermées était créée à 60 km/h de moyenne : les célèbres Poudreries de Clermont.
Un succès populaire
Si cette épreuve est restée dans la mémoire populaire, c'est bien évidemment grâce à son caractère particulier dû à l'absence de navigateur, mais aussi et surtout parce que cette manifestation était un succès auprès de la population. Il s'agissait de l'événement automobile de l'année à une époque où avoir un véhicule était encore un luxe. Alors, imaginez autant de voitures de sport, parcourant les routes pavées ou simplement empierrées du pays hutois, se disputer la victoire !L’absence de navigateur obligeait les organisateurs à afficher la carte du parcours 1 mois à l'avance pour que les pilotes puissent reconnaître et mémoriser l'itinéraire. Cela mettait incontestablement de l'animation les jours et semaines précédant la course.
Enfin, n'oublions pas que beaucoup de pilotes amateurs locaux se sont pris au jeu et ont participé aux "Douze heures de Huy", faisant la fierté de leurs amis et voisins venus les encourager.
1969 : le dernier millésime
Au fil des ans, les "Douze heures de Huy" sont devenues incontournables et uniques. Pourtant, en 1966, l'accident de "Vittel" au second passage de l'étape spéciale de la Poudrerie de Clermont allait compromettre cette épreuve. Le rallye se poursuivit les années suivantes, mais sans grand enthousiasme. Et 1969 fût le dernier millésime.
Vous pouvez obtenir plus de détails, d'anecdotes et documents sur l'histoire des "Douze heures de Huy", un forum y est consacré, cliquez ici.


